Giardia duodenalis, un parasite intestinal détecté dans 6,3 % des échantillons de selles de chats analysés en Amérique du Nord, peut se transmettre à l’humain. Parmi les félins infectés, 18,5 % hébergeaient des souches potentiellement transmissibles aux propriétaires. Cette découverte invite à renforcer l’hygiène et le suivi vétérinaire régulier, particulièrement pour les ménages avec enfants ou personnes immunodéprimées.
Une étude rétrospective menée aux États-Unis et au Canada entre mars 2022 et août 2023 a examiné plus de 157 000 échantillons de selles de chats. Les résultats, publiés dans PLOS One, montrent que ce parasite intestinal, aussi appelé “fièvre du castor”, demeure largement silencieux: un chat peut en être porteur sans présenter aucun symptôme apparaissant.
Les chatons et les mâles plus exposés
L’infection frappe très inégalement selon l’âge et le sexe. Les chatons de moins d’un an affichent le taux d’infestation le plus élevé, à environ 11 %, alors qu’il chute à 1,3 % chez les animaux âgés de plus de dix ans. Les mâles présentent aussi davantage de tests positifs: 6,9 % contre 5,7 % pour les femelles. Ces écarts soulignent qu’une prévention adaptée au profil du chat s’impose plutôt qu’une vigilance uniforme.
Des risques réels mais encadrables pour l’humain
Le parasite vit dans l’intestin du chat et se propage par les matières fécales. Chez l’humain, l’exposition provoque généralement diarrhées, ballonnements et douleurs abdominales dans une à trois semaines, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Certaines infections restent asymptomatiques. Les enfants et les personnes immunodéprimées courent un risque plus élevé de complications.
L’étude marque une distinction cruciale: elle identifie un risque potentiel, mais ne démontre pas que des chats ont concrètement contaminé leurs propriétaires. La présence du parasite chez un animal ne garantit ni la transmission ni la maladie chez son entourage.

Dépistage et précautions d’hygiène
Puisqu’un chat infecté ne montre souvent aucun signe, le dépistage régulier des selles reste le moyen de détection fiable. La vétérinaire urgentiste Stevie Aitken recommande un contrôle systématique, en particulier si l’animal vit avec de jeunes enfants ou des personnes immunodéprimées.
En cas de diagnostic positif, l’approche combine nettoyage strict et limitation des contacts. Le protocole comprend un assainissement approfondi de la litière, des gamelles et des surfaces contaminées, puis une réduction des interactions avec les personnes vulnérables jusqu’à la fin du traitement et au bilan vétérinaire. Se laver les mains après avoir manipulé la litière, éviter les contacts buccaux avec l’animal et tenir les enfants éloignés des déjections représentent les précautions de base.
Chez l’humain, certaines infections guérissent d’elles-mêmes, d’autres nécessitent un traitement médicamenteux. Chez le chat, la conduite dépend de l’évaluation du vétérinaire. Anne Kimmerlein, épidémiologiste vétérinaire chez Mars Veterinary Health et coautrice de l’étude, souligne que comprendre la fréquence d’apparition de Giardia peut contribuer à un dépistage plus précoce et à un traitement approprié. La présence du parasite ne scelle donc pas le destin d’un animal ou de son foyer, mais elle rappelle l’intérêt du suivi régulier et de l’hygiène raisonnée.

