Un chat qui boit rarement à sa gamelle n’est pas forcément déshydraté. Sa nourriture peut lui apporter une grande partie de l’eau nécessaire. Mais cinq signes physiques ou comportementaux doivent attirer l’attention de son propriétaire.
La quantité d’eau bue ne représente qu’une partie de l’hydratation d’un chat. L’eau provient aussi des aliments, tandis que les pertes se produisent notamment par les urines et les selles. Le Cornell Feline Health Center, rattaché à l’université vétérinaire Cornell aux États-Unis, explique dans une fiche actualisée en 2021 comment reconnaître une hydratation insuffisante et favoriser les apports en eau. Une distinction particulièrement utile pour les propriétaires qui alternent croquettes et pâtée.
Une pâtée contenant 80 % d’eau change les besoins à la gamelle
Les besoins hydriques varient notamment selon le poids et l’alimentation. Le Cornell Feline Health Center donne un repère d’environ 240 ml d’eau par jour pour un chat de 4,5 kg, en comptant l’eau apportée par les aliments. Il s’agit d’une estimation pour un animal de ce poids, et non d’une quantité à lui faire boire obligatoirement.
La différence entre croquettes et pâtée explique pourquoi deux chats de même poids peuvent boire des quantités très différentes. Les aliments humides peuvent contenir jusqu’à 80 % d’eau. Ainsi, 100 g d’une pâtée contenant effectivement 80 % d’eau en apportent environ 80 ml. Un chat qui mange régulièrement de la nourriture humide peut donc satisfaire une part importante de ses besoins sans beaucoup boire à sa gamelle.
À l’inverse, un chat nourri principalement avec des croquettes doit généralement obtenir davantage d’eau en buvant. Pour évaluer ses apports, il faut donc tenir compte à la fois de sa consommation d’eau et de la quantité d’aliments humides ingérée. Le repère de Cornell ne constitue pas un seuil universel de déshydratation.
Cinq signes qui peuvent révéler une déshydratation
La déshydratation ne se manifeste pas uniquement par une diminution de la consommation d’eau. Le Cornell Feline Health Center décrit cinq signes principaux: une léthargie inhabituelle, une faiblesse, une perte d’appétit, des muqueuses sèches ou collantes et, dans les cas plus sévères, des yeux paraissant enfoncés dans leurs orbites.
Ces manifestations peuvent avoir plusieurs causes et ne suffisent pas à établir un diagnostic. Elles méritent néanmoins une attention particulière lorsqu’elles apparaissent soudainement ou se cumulent. Les gencives constituent notamment un endroit où le vétérinaire peut rechercher une sécheresse anormale des muqueuses.
Un autre indicateur est l’élasticité de la peau. Lorsqu’on soulève délicatement la peau au niveau des épaules, elle reprend normalement sa position presque immédiatement chez un chat correctement hydraté. Un retour plus lent peut accompagner une déshydratation. Ce test comporte toutefois une limite importante: chez les chats âgés, la peau peut être moins élastique même lorsque leur hydratation est normale.
Si une déshydratation est suspectée, Cornell recommande de contacter rapidement un vétérinaire, sans attendre que tous ces signes soient présents. Une déshydratation importante peut perturber la circulation sanguine, la régulation de la température corporelle et le fonctionnement de plusieurs organes. Les mesures destinées à encourager un chat à boire ne remplacent pas une prise en charge vétérinaire lorsqu’il présente des symptômes.
Maladies rénales, diabète et vomissements peuvent augmenter les pertes d’eau
Un chat peut se déshydrater parce qu’il absorbe trop peu d’eau, mais aussi parce que son organisme en élimine davantage. Le Cornell Feline Health Center identifie plusieurs causes possibles: la maladie rénale chronique, le diabète, l’hyperthyroïdie, les vomissements et la diarrhée. Certains médicaments, notamment les diurétiques utilisés dans le traitement de maladies cardiaques, peuvent également augmenter les pertes hydriques.
À l’inverse, des douleurs dentaires, une faiblesse ou une diminution de l’appétit peuvent réduire les apports. Dans un foyer accueillant plusieurs animaux, les conflits territoriaux constituent un autre obstacle: un chat peut éviter un point d’eau lorsqu’un congénère lui en empêche l’accès.
La prise en charge dépend de la gravité de la déshydratation et de son origine. Le vétérinaire peut administrer des fluides par voie intraveineuse ou sous-cutanée. Il doit également rechercher la maladie ou la situation responsable du déséquilibre hydrique, afin de traiter sa cause et pas seulement ses conséquences.
Eau fraîche, fontaine et nourriture humide: les gestes recommandés
Pour faciliter l’hydratation, Cornell recommande de maintenir de l’eau fraîche à disposition dans des endroits facilement accessibles. Dans les foyers comptant plusieurs animaux, répartir les points d’eau permet de limiter les situations dans lesquelles un chat empêche un autre d’accéder à une gamelle.
Une fontaine peut encourager certains chats à boire davantage, mais les préférences individuelles varient. Elle ne constitue donc pas une solution systématiquement supérieure à une gamelle classique. L’essentiel est de proposer un accès à l’eau adapté au comportement de l’animal.
L’alimentation constitue un autre moyen d’augmenter les apports hydriques. Proposer de la nourriture humide ou ajouter de l’eau à la ration peut être utile. Cornell mentionne également la possibilité d’aromatiser légèrement l’eau avec de l’eau de thon ou un bouillon de poulet pauvre en sodium. Pour ce dernier, il faut choisir une préparation sans oignon ni ail, ingrédients toxiques pour les chats, et éviter les produits fortement salés.
Ces adaptations doivent respecter les besoins nutritionnels et l’état de santé de l’animal. Pour un chat atteint d’une maladie rénale ou cardiaque, ou suivant un régime vétérinaire particulier, les changements alimentaires et les éventuelles restrictions hydriques doivent être discutés avec le vétérinaire chargé de son suivi.

