Le cancer est devenu la première cause de mortalité chez les chiens, alerte Lluís Benítez, chef du service d’oncologie de l’hôpital vétérinaire Montjuïc de Barcelone. Il affirme que la moitié des chiens de plus de 10 ans meurent d’un cancer, et qu’un animal de compagnie sur quatre décède de cette maladie. Le vétérinaire pointe un retard d’environ 20 ans dans certains traitements, faute de moyens.
La scène est devenue banale en consultation d’oncologie vétérinaire: des chiens plus âgés, donc plus exposés aux tumeurs. Dans La Vanguardia, Lluís Benítez relie la hausse des cas à l’allongement de l’espérance de vie des animaux domestiques.
Chez le chien, le cancer pèse lourd dans les décès
Lluís Benítez, vétérinaire et titulaire d’un certificat de praticien généraliste en oncologie de l’ISVPS, décrit un basculement net: le cancer est, selon lui, la première cause de mortalité chez les chiens. Côté chiffres, il avance deux repères: “Statistiquement, le cancer est la cause de décès de la moitié des chiens de plus de 10 ans” et “un animal de compagnie sur quatre décède des suites d’un cancer”.
Les tumeurs qu’il voit le plus souvent en consultation
Le spécialiste cite d’abord les tumeurs cutanées, qu’il présente comme les plus fréquentes chez le chien, avec une mention particulière pour les mastocytomes. Il ajoute deux autres familles de cancers qu’il qualifie de courantes: les lymphomes et les sarcomes.
Des traitements qui progressent, mais un frein financier majeur
Lluís Benítez explique que, pendant longtemps, un diagnostic de cancer était souvent associé à une euthanasie. Il estime que la recherche a changé la donne, tout en nuançant l’accès à des prises en charge vraiment personnalisées.
Son cap, il le résume ainsi: l’oncologie vétérinaire devrait aller vers des thérapies ciblées, sur le modèle de la médecine humaine. Il dit pourtant constater un décalage: “En réalité, nous avons 20 ans de retard à tous les niveaux, pour des raisons logistiques et financières.” Il met en avant un exemple concret: le coût du séquençage du génome d’une tumeur et celui du traitement adapté, qu’il juge prohibitifs.
Le vétérinaire insiste sur le même point pour expliquer les limites actuelles: “Le principal obstacle aujourd’hui est le coût de ces traitements.” Il note malgré tout une évolution de terrain, avec davantage d’oncologues et plus d’outils disponibles pour faire avancer la spécialité.
Des races plus exposées, selon le vétérinaire
Lluís Benítez évoque aussi des prédispositions selon les races. Il cite trois races de chiens qu’il présente comme les plus touchées: Labradors, Golden Retrievers et Boxers. Il mentionne enfin le cas des chats, en pointant les Siamois, qu’il relie au fait qu’ils figurent, selon lui, parmi les races félines les plus longévives.

