À retenir
- Kelly et Wendy Leprevost ont repris en avril 2026 le salon The sister' s grooming à Honfleur, en Calvados.
- Le salon place le bien-être animal et la relation de confiance au cœur de sa philosophie.
- Les deux sœurs sont titulaires d' un CTM de toiletteur canin, félin et NAC.
- Elles ont suivi une formation en maison familiale rurale combinant enseignement théorique et stages pratiques.
- Le toilettage redéfini met l' animal au centre de l' expérience plutôt que l' apparence ou le calendrier.
À Honfleur, en Calvados, Kelly et Wendy Leprevost ont repris en avril 2026 le salon de toilettage historique tenu pendant vingt ans par Sylvie Valentin. Rebaptisé The sister’s grooming, cet établissement place le bien-être animal et la relation de confiance au cœur de sa philosophie, loin des approches purement cosmétiques du toilettage canin.
Le toilettage n’est pas qu’une affaire d’esthétique. C’est un acte de soin qui exige du doigté, de la patience et, surtout, une compréhension fine du tempérament de l’animal. Kelly et Wendy Leprevost l’ont bien compris: en reprenant ce salon historique honfleurais, elles n’ont pas choisi de le moderniser en surface, mais de le redéfinir autour d’un principe simple – placer le chien, le chat ou le cochon d’Inde au centre de l’expérience, et non les attentes du calendrier ou de l’apparence.
Un parcours professionnel structuré autour de l’animal
Les deux sœurs ne sont pas venues au métier par hasard. Titulaires toutes deux d’un CTM (certificat technique des métiers) de toiletteur canin, félin et NAC – cette dernière catégorie englobant les nouveaux animaux de compagnie comme les cochons d’Inde ou les perroquets -, elles ont suivi un parcours formaté en maison familiale rurale (MFR), combinant enseignement théorique et stages pratiques auprès d’animaux vivants. Cette approche, qui alterne école et terrain, est caractéristique des formations aux métiers de service à l’animal: elle force à confronter rapidement la théorie aux réalités comportementales et physiques de chaque individu.
Que ce soit pour un chien, un chat ou un rongeur, cette formation crée une base commune: comprendre que le toilettage n’est pas une prestation standardisée. Chaque animal arrive avec son historique de stress, ses sensibilités, ses limites. Les deux sœurs auraient pu, comme beaucoup de salons, traiter cela comme un problème à surmonter. Elles en ont fait leur philosophie.
Respect du rythme: quand l’animal dit non
Wendy Leprevost le formule sans détour: « Certains chiens sont stressés ou demandent beaucoup de travail, mais on ne les brusque jamais. Toujours à leur rythme », tandis que sa sœur Kelly ajoute une nuance souvent occultée par les salons pressés: « Il arrive qu’un chien en ait assez, sans que ce soit de la comédie. Alors, on respecte sa décision et on reprend le travail plus tard. »
Cette disposition révèle une compréhension éthologique basique mais peu appliquée: un chien qui se retire n’est pas capricieux, il communique un malaise réel – surcharge sensorielle, douleur, épuisement émotionnel. Répondre à ce signal en interrompant plutôt qu’en forçant n’est pas une perte de temps: c’est un investissement dans la confiance future. Un animal qui a appris qu’il peut refuser et être écouté revient plus serein à la session suivante. À l’inverse, ceux qui sont brusqués développent de l’anxiété anticipatoire durable.

La toiletteur en compétition: repousser les limites techniques
Wendy Leprevost ne se cantonne pas à l’accueil de clientèle régulière. Vice-championne de France dans la catégorie épilation pour chien, elle ambitionne de décrocher le titre de Meilleur Ouvrier de France, reconnaissance qui couronne non seulement la technique mais aussi la philosophie du métier. Cette ambition n’est pas anodine: elle signale que le respect de l’animal et l’excellence technique ne s’opposent pas, ils se renforcent. Un toilettage impeccable doit être confortable pour l’animal; un toilettage confortable exige de la maîtrise.
Les concours de toilettage canin, loin d’être des gadgets médiatiques, constituent des vitrines de l’innovation et de la réflexion éthologique du secteur. Y exceller, c’est montrer qu’on maîtrise non seulement la morphologie et les standards de race, mais aussi les techniques qui minimisent le stress et les micro-blessures.
Une clientèle mixte, des besoins variés
The sister’s grooming accueille autant d’habitués que de vacanciers, ce qui pose une exigence supplémentaire: gérer des animaux dont les besoins et les comportements sont radicalement différents. Un chien de résident ayant tissé une relation avec les toiletteuses n’est pas dans le même état émotionnel qu’un épagneul de touriste qui arrive pour la première fois. Adapter l’approche demande de la flexibilité.
Le salon traite aussi chiens, chats, cochons d’Inde et perroquets. Ce spectre large signale une compétence transversale: les protéines nerveuses et les capacités de stress varient énormément entre ces espèces. Un chat n’a pas les mêmes seuils d’anxiété qu’un chien; un perroquet exige une compréhension de son langage corporel emplumé très différente.
Le critère ultime: l’animal heureux
Lors du reportage, Valentine, une boxer de 5 ans, a passé entre les mains des deux sœurs. « Quand le toilettage est régulier et qu’il n’y a pas de gros nœud ou de tonte à faire, le chien passe un moment très agréable », confirment-elles. Valentine, qui « couvre les deux sœurs de bisous », illustre concrètement le décalage entre un toilettage anxiogène et un toilettage bien mené: le même animal, traité avec respect et progressivité, peut passer d’une corvée redoutée à un moment de relation positive.
C’est là le vrai test de compétence. N’importe quel salon peut livrer un chien propre et tondu. Peu peuvent livrer un chien heureux d’avoir été toiletté – et donc, enclin à revenir sans appréhension. Or, c’est cette seconde capacité qui détermine le bien-être animal à long terme.
The sister’s grooming, installé au 42, place Saint-Léonard à Honfleur, fonctionne du mardi au samedi de 9 h à 18 h 30. Son modèle – reprendre un salon historique sans rupture, mais en redéfinissant les priorités autour de l’animal – dessine un contre-exemple silencieux au toilettage industrialisé.
Questions fréquentes
- Qui a repris le salon de toilettage à Honfleur et quand?
- Kelly et Wendy Leprevost, deux sœurs, ont repris en avril 2026 le salon de toilettage historique qui était tenu pendant vingt ans par Sylvie Valentin. Elles l’ont rebaptisé The sister’s grooming.
- Quelles sont les qualifications professionnelles des deux sœurs?
- Kelly et Wendy Leprevost sont toutes deux titulaires d’un CTM (certificat technique des métiers) de toiletteur canin, félin et NAC. Elles ont suivi leur formation en maison familiale rurale, combinant enseignement théorique et stages pratiques auprès d’animaux vivants.
- Quelle est la philosophie du salon The sister' s grooming?
- Le salon place le bien-être animal et la relation de confiance au cœur de sa philosophie, en mettant le chien, le chat ou le cochon d’Inde au centre de l’expérience, loin des approches purement cosmétiques du toilettage.
- Quels types d' animaux sont toilettés dans ce salon?
- Le salon toilette des chiens, des chats et des NAC (nouveaux animaux de compagnie) comme les cochons d’Inde ou les perroquets.

