À retenir
- Ceva Santé Animale, cinquième leader mondial, autorise ses employés à amener leurs chiens au bureau depuis mi-mars.
- Une quinzaine de propriétaires ont participé à cette expérimentation au siège de Libourne en Gironde.
- Les chiens ne sont autorisés que dans certaines zones, les laboratoires restent interdits.
- Cette pratique produit des effets mesurables sur le bien-être des salariés et des animaux.
Ceva Santé Animale, cinquième leader mondial du secteur, autorise depuis mi-mars ses employés à amener leurs chiens au bureau du siège de Libourne en Gironde. Une quinzaine de propriétaires ont participé à cette expérimentation, qui s’accompagne d’aménagements dédiés et produit des effets mesurables sur le bien-être des salariés et des animaux.
Les chiens au travail, ce n’est plus de la science-fiction dans cette entreprise girondin. Depuis mi-mars, Ceva Santé Animale ouvre ses portes aux compagnons à quatre pattes. Un changement de pratique qui tranche avec la norme française, même si plusieurs pays européens l’ont déjà adopté.
Une expérimentation encadrée dans une entreprise spécialisée
Ceva Santé Animale occupe une place particulière: c’est le cinquième leader mondial de la santé animale. Son siège se trouve à Libourne, dans l’est de la Gironde. Marc Prikazsky, directeur exécutif de l’entreprise, explique le choix: “Pour moi, c’était inconcevable de travailler pour les animaux, sans qu’on puisse les ramener au bureau.”
Concrètement, l’expérimentation n’est pas anarchique. L’entreprise l’a encadrée dès le départ. Sur environ 100 propriétaires de chiens au siège, seule une quinzaine ont concrètement amené leurs compagnons depuis le lancement de l’opération. Autre restriction: les animaux ne sont autorisés que dans certaines zones. Les laboratoires, par exemple, restent interdits. “On ne peut pas les autoriser partout”, précise Prikazsky.
L’infrastructure suit. Les chiens disposent d’un grand parc aux abords du bâtiment pour leurs promenades. Un détail qui montre que cette autorisation n’est pas un simple laisser-faire, mais une organisation réfléchie.
Réduction du stress des salariés: les premiers effets observés
Laetitia Malo, responsable de la communication interne, décrit les bénéfices perçus: “On peut jouer avec eux et puis quand on est un peu stressé, ça détend tout de suite de les voir.”
Jennifer Poueys, responsable du support informatique, incarne ce changement. Elle est propriétaire d’un Jack Russell nommé Natsu qu’elle devait auparavant laisser seul à la maison. Maintenant, elle l’amène quatre fois par semaine. Pour elle, c’est un double gain: l’animal n’est plus isolé, et elle économise les trajets vers un chenil ou un gardien.
Amorim Renatto, responsable des affaires publiques, vit la même routine avec Papaya, son labrador. Il souligne l’aspect pratique: “C’est vraiment un gain de temps: ça me permet de m’occuper de ma chienne tout en prenant l’air, et au moins je n’ai pas à faire des allers-retours au chenil pour la faire garder.”

Un apaisement visible chez les animaux eux-mêmes
Le bien-être gagne aussi les chiens. Philippe Mazerolles, vétérinaire et propriétaire de Mango, son chien de chasse, témoigne du changement comportemental: “Il était hyper stressé et maintenant, le fait de voir du monde, d’autres animaux, et de rester avec ses propriétaires, ça l’apaise.”
Jennifer Poueys observe la même transformation chez Natsu. Son Jack Russell, autrefois angoissé à la perspective d’une journée seul, anticipe désormais le trajet vers l’entreprise. “Natsu n’attend que ça maintenant: de monter dans la voiture pour aller au travail”, confie-t-elle.
Cette socialisation au travail agit sur plusieurs fronts: la présence des propriétaires, les interactions avec d’autres chiens, la variété des stimuli. Pour un animal souffrant d’anxiété de séparation, c’est une réduction significative du stress quotidien.
L’exemple européen: précédent du Royaume-Uni, Italie et Allemagne
Ceva Santé Animale ne teste pas une idée originale. Le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne ont déjà franchi le pas, avec des expériences de chiens au bureau qui semblent fonctionner. La France reste plus frileuse, mais cette entreprise girondin montre que l’adoption est possible dans l’Hexagone, du moins dans les secteurs concernés par la santé animale.
Reste un détail: pourquoi pas les chats? Marc Prikazsky répond directement: “On a pensé aux chats aussi, mais comme ils sont très attachés à leur territoire, on préfère autoriser que les chiens pour l’instant.” Une analyse comportementale juste – les félins supportent mal le changement d’environnement, contrairement aux canidés plus adaptatifs.
Implications pour les propriétaires et le bien-être animal
Cette expérimentation soulève une question plus large: comment les entreprises peuvent-elles concilier productivité et bien-être animal? Pour les salariés propriétaires, l’autorisation apaise les culpabilités liées à la garde de l’animal pendant la journée. Pour l’animal lui-même, l’absence d’isolement réduit les troubles du comportement liés à l’anxiété de séparation.
Les chiffres parlent: quinze propriétaires ont participé à cette première phase. C’est une minorité, mais une minorité volontaire, ce qui suggère un engagement réel des intéressés. Le parc dédié et les zones d’interdiction montrent que Ceva Santé Animale cherche à équilibrer liberté animale et contraintes opérationnelles.
L’initiative de Ceva Santé Animale illustre une tendance: considérer le bien-être des employés propriétaires comme un facteur de qualité de vie au travail. Et quand cette mesure bénéficie simultanément aux animaux, elle gagne en légitimité. Que d’autres secteurs reprennent cette approche reste à voir – mais l’expérience girondin donne des résultats tangibles.
Questions fréquentes
- Depuis quand les employés de Ceva Santé Animale peuvent-ils amener leurs chiens au bureau?
- Depuis mi-mars, les employés du siège de Libourne sont autorisés à amener leurs chiens au bureau. Une quinzaine de propriétaires ont participé à cette expérimentation.
- Pourquoi Ceva Santé Animale a-t-elle mis en place cette politique?
- Marc Prikazsky, directeur exécutif, explique que travailler pour les animaux sans pouvoir les ramener au bureau lui semblait inconcevable. L’entreprise souhaite favoriser le bien-être de ses salariés et de leurs compagnons.
- Cette expérimentation s' applique-t-elle à tous les espaces de l' entreprise?
- Non, les chiens ne sont autorisés que dans certaines zones. Les laboratoires, par exemple, restent interdits pour des raisons évidentes de sécurité et de protocole.
- Combien d' employés propriétaires de chiens travaillent au siège de Libourne?
- Environ 100 employés possèdent des chiens, mais seule une quinzaine ont concrètement amené leurs compagnons depuis le lancement de l’expérimentation en mars.
- Quelle est la position de Ceva Santé Animale dans le secteur de la santé animale?
- Ceva Santé Animale est le cinquième leader mondial du secteur de la santé animale, avec son siège situé à Libourne en Gironde.

