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Comment intégrer son animal de compagnie sans sacrifier ses relations humaines, selon l’UQAM

Publié le

À retenir

  • Plus de 50% des ménages canadiens et québécois partagent leur vie avec au moins un animal domestique.
  • 97% des propriétaires considèrent leur animal comme faisant partie intégrante de leur famille, selon Pew Research Center 2023.
  • Le Québec a changé en 2015 le statut juridique des animaux: de biens à êtres sensibles.
  • Les soins vétérinaires évoluent avec des pratiques autrefois rares, comme le brossage des dents et la chimiothérapie.

Plus de la moitié des ménages canadiens et québécois partagent leur vie avec au moins un animal domestique. Mais cette présence croissante pose une question fondamentale: comment intégrer nos compagnons dans notre quotidien sans sacrifier nos relations humaines? Une professeure en psychologie de l’UQAM propose des pistes concrètes pour trouver cet équilibre.

Aux quatre coins de l’Occident, le phénomène est identique. Un ménage sur deux, voire davantage, vit désormais avec un chien, un chat ou un autre animal de compagnie. Aux États-Unis, 66 % des foyers accueillent un animal domestique. En Australie, le chiffre grimpe à 73 %. Et au Québec et au Canada, la majorité des ménages en font autant. Mais ce qui change vraiment, c’est la manière dont nous les voyons. Un sondage du Pew Research Center réalisé en 2023 montre que 97 % des propriétaires considèrent leur animal comme faisant partie intégrante de leur famille – ni plus ni moins que leurs proches humains.

Cette évolution ne s’arrête pas aux sentiments. Le droit s’en mêle. En 2015, le Québec a franchi un cap important en changeant le statut juridique des animaux domestiques: ils ne sont plus des « biens », au même titre qu’une table, mais des « êtres sensibles ». Et au quotidien, les vétérinaires observent aussi une transformation des soins: le brossage des dents, autrefois anecdotique, ou même la chimiothérapie sont devenues beaucoup plus courants qu’il y a deux décennies.

Un équilibre fragile entre plusieurs mondes

Pourtant, cette tendance générale cache une réalité très disparate. Certaines personnes placent leur animal au-dessus de toutes leurs relations humaines – un phénomène documenté par des études scientifiques. À l’inverse, l’abandon et la négligence animal reste un problème réel dans nos sociétés. Entre ces deux extrêmes, la plupart des propriétaires cherchent un équilibre: comment faire une place à l’animal sans que cela ne dévore le reste de la vie?

Catherine Amiot, professeure au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), place cette question au cœur de sa réflexion. Elle la formule clairement: « Comment trouver un équilibre entre la place qu’occupent nos relations humaines et la place de celles que nous avons avec nos animaux, de manière que ces différentes relations soient importantes pour nous? »

Pour elle, la réponse n’est pas d’éloigner l’animal, mais de l’intégrer intelligemment. Et surtout, de reconnaître que cette intégration pourrait bénéficier aussi bien à l’humain qu’à l’animal – une approche qu’elle résume par le concept scientifique d’« Une seule santé ».

Adapter l’animal à son horaire réel, pas l’inverse

Le premier pas? Arrêter de rêver et commencer par la réalité de son emploi du temps. L’intégration commence par une planification honnête. Il faut identifier les besoins réels de l’animal – alimentation, exercice, socialisation, stimulation mentale – et ensuite vérifier si votre horaire et votre routine permettent de les satisfaire.

Catherine Amiot l’affirme: choisir d’adopter « en toute connaissance de cause » facilite grandement cette intégration. Si vous savez que vous travaillez dix heures par jour et que vous voyagez deux weekends par mois, un chien qui demande trois heures d’exercice quotidien n’est pas le bon choix. Cette honnêteté initiale prévient des années de frustration pour l’humain et de stress pour l’animal.

Résultat: un animal heureux et en bonne santé, ce qui rejaillit positivement sur votre propre bien-être. Ce n’est pas de la philosophie – c’est de la psychologie appliquée.

L'animal, pas l'ennemi des activités partagées
L' animal, pas l' ennemi des activités partagées

L’animal, pas l’ennemi des activités partagées

Le deuxième levier? Intégrer l’animal dans ses activités, plutôt que de les mener en parallèle. La plupart du temps, on associe cela aux chiens: marche, course, randonnée, vélo. Mais même un chat ou un poisson peut devenir un prétexte social.

L’exemple de Catherine Amiot est révélateur. Lorsqu’elle a adopté son labrador noir Elsie, elle a découvert toute une communauté de passionnés de sports canins – sports attelés, obéissance, détection d’odeurs. Elle en pratique plusieurs avec ses braques allemands actuels, Enzo et Tasha. Résultat: elle reste en forme, tisse des liens sociaux, et l’animal est stimulé mentalement et physiquement.

Au-delà du sport, les animaux créent aussi des liens entre voisins – celui qui garde le chien du voisin en échange d’une faveur – ou rassemblent des communautés virtuelles autour de passions communes sur les réseaux sociaux.

L’animal n’est pas l’ennemi de vos amitiés humaines

Ici, la bonne nouvelle surprendra ceux qui craignent que leur animal ne les isole: les études scientifiques montrent exactement l’inverse. Les gens qui ont des relations positives et soutenantes avec d’autres humains tendent aussi à avoir des relations plus positives avec leurs chiens.

Il n’y a donc pas d’antagonisme. L’animal ne prend pas la place des autres, il l’enrichit. Mieux encore: une relation forte avec un chien peut élargir votre réseau humain en vous ouvrant des portes – club de dressage, parc à chiens, communautés en ligne – que vous n’auriez jamais franchies autrement.

Et pour l’animal, c’est un gain supplémentaire. Un chien dont le maître a un réseau social riche et souteneur bénéficie d’un accès à davantage de soutien et de ressources – d’autres mains pour le caresser, d’autres voix familières, d’autres présences en cas de besoin.

Le défi: reconnaître les limites

Toute cette réflexion tourne autour d’une tension majeure: comment ne pas laisser la relation avec l’animal éclipser tout le reste? Catherine Amiot pose la question sans détour. Quand une relation animale devient particulièrement forte, au point de supplanter les relations humaines, il faut savoir la réguler.

C’est là que réside l’équilibre véritable. Pas d’exclusion, pas de surcharge – mais une intégration réfléchie où chaque relation, humaine ou animale, tient sa place dans le puzzle global de votre bien-être.

Pour qui partage sa vie avec un chien, le message est clair: pensez d’abord à ce que vous pouvez vraiment offrir. Puis, cherchez comment en faire un atout pour vous deux. C’est dans cette zone-là – honnête, intentionnelle, partagée – que le vrai bien-être se construit.

Questions fréquentes

Quel pourcentage de ménages québécois vivent avec un animal de compagnie?
Plus de la moitié des ménages québécois et canadiens partagent leur vie avec au moins un animal domestique, une proportion comparable à celle observée aux États-Unis (66%) et en Australie (73%).
Comment les propriétaires considèrent-ils leur animal aujourd' hui?
Selon un sondage du Pew Research Center de 2023, 97% des propriétaires considèrent leur animal comme faisant partie intégrante de leur famille, au même titre que leurs proches humains.
Quel changement juridique le Québec a-t-il apporté en 2015 concernant les animaux domestiques?
Le Québec a modifié le statut juridique des animaux domestiques: ils ne sont plus considérés comme des ‘biens’ mais comme des ‘êtres sensibles’.
Quels exemples montrent l'évolution des soins apportés aux animaux de compagnie?
Le brossage des dents et la chimiothérapie, autrefois rares, sont devenues beaucoup plus courants chez les animaux de compagnie au cours des deux dernières décennies.

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