Une étude publiée le 30 septembre 2026 associe la présence de chats à un bonheur plus élevé, mais la toxoplasmose à un bien-être moindre. Ces résultats portent sur le bonheur moyen de 93 pays, pas sur la santé mentale d’un propriétaire en particulier : ils ne prouvent aucun effet de la présence d’un chat.
Vivre avec un chat rend-il plus heureux ou expose-t-il à un risque pour le moral? Des chercheurs de Mexico, de Finlande, de Lettonie et de l’université de Chicago ont examiné cette question sous un angle inhabituel. Leur travail, publié dans la revue scientifique PLOS One, confronte la population féline, la circulation du parasite Toxoplasma gondii et le bonheur déclaré par les habitants de différents pays. Pour les propriétaires français, cette étude soulève surtout une question pratique: faut-il changer ses habitudes avec son animal?
Plus de chats, davantage de bonheur: ce que montrent les chiffres
Les chercheurs ont comparé les données de 93 pays en utilisant notamment les résultats des enquêtes Gallup réalisées entre 2022 et 2024. Ils constatent que les pays comptant davantage de chats par habitant présentent généralement des niveaux de bonheur plus élevés. La corrélation statistique atteint 0,62, sur une échelle allant de -1 à 1.
Le résultat s’inverse lorsqu’ils examinent la présence d’anticorps associés à une infection récente par Toxoplasma gondii. Dans les pays où cette infection est plus répandue, le bonheur déclaré tend à être inférieur, avec une corrélation de -0,54. Ces deux observations décrivent des associations statistiques, et non les effets démontrés de la présence d’un chat ou d’une infection sur l’humeur.
La distinction est essentielle: les chercheurs ont étudié des populations nationales, pas des propriétaires suivis individuellement. Le nombre de chats inclut différentes catégories d’animaux, tandis que les données parasitaires proviennent d’analyses réalisées chez des femmes enceintes. Ces dernières ne représentent pas nécessairement l’ensemble des habitants.
La richesse des pays complique l’interprétation
Une autre variable présente un lien encore plus marqué avec le bonheur: la richesse nationale par habitant. Sa corrélation atteint 0,80 dans les données analysées. Les pays les plus aisés possèdent généralement davantage de chats et affichent également une exposition plus faible au parasite.
Les auteurs envisagent plusieurs explications liées aux conditions de vie des animaux. Dans les pays riches, les chats vivent potentiellement davantage à l’intérieur et consomment plus souvent des aliments industriels, ce qui limiterait certaines occasions de contamination. Il s’agit toutefois d’une hypothèse avancée dans leur publication, et non d’un mécanisme directement vérifié par cette étude.
Les analyses statistiques combinant plusieurs facteurs conservent une association entre la densité féline, l’infection récente et le bonheur national. Mais elles n’intègrent pas toutes les différences entre pays, notamment l’urbanisation, le climat ou les infrastructures d’assainissement. Les auteurs qualifient eux-mêmes leurs travaux d’exploratoires et recommandent des études longitudinales pour examiner d’éventuels liens de causalité.

Toxoplasmose: le chat n’est pas la principale source de contamination
La présence de Toxoplasma gondii dans cette étude mérite une explication. Ce parasite est responsable de la toxoplasmose, une infection généralement sans conséquence grave chez les personnes dont le système immunitaire fonctionne normalement. Le chat joue un rôle dans son cycle biologique, puisqu’il peut rejeter des formes infectieuses du parasite dans ses selles.
Mais posséder un chat ne signifie pas automatiquement être exposé à la toxoplasmose. En France, l’Anses identifie notamment la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite et celle de végétaux mal lavés parmi les principales voies de contamination. Le contact avec de la terre souillée représente également une situation à prendre en compte.
L’agence sanitaire précise dans sa fiche consacrée à Toxoplasma gondii que les chats vivant exclusivement en appartement et nourris avec des aliments traités par la chaleur, comme les croquettes ou les conserves, ne sont pas exposés au danger dans ces conditions. Cette précision permet de distinguer le risque parasitaire réel de la simple présence d’un animal au domicile.
Grossesse et immunodépression: les précautions à adopter
La prévention devient particulièrement importante pour les femmes enceintes non immunisées et les personnes immunodéprimées. Une infection peut alors entraîner des complications graves. Les recommandations de l’Anses portent à la fois sur l’alimentation, l’hygiène des mains et l’entretien de l’environnement du chat.
Pour limiter l’exposition, il est recommandé de bien cuire la viande à cœur, de laver soigneusement les fruits et légumes consommés crus et de se nettoyer les mains après avoir jardiné.
Concernant le chat, la mesure essentielle consiste à confier si possible le nettoyage de la litière à une autre personne. Sinon, il faut porter des gants, se laver les mains après l’entretien et nettoyer le bac chaque jour avec de l’eau suffisamment chaude.
Pendant la grossesse, le médecin ou la sage-femme adapte les consignes au statut immunitaire établi par les examens sanguins. Les personnes immunodéprimées demandent aussi des recommandations adaptées à leur situation.
Le bonheur des propriétaires reste à étudier individuellement
Pour déterminer si vivre avec un chat influence réellement le bien-être psychologique, les chercheurs estiment nécessaire de suivre des personnes avec et sans animal pendant plusieurs années. Une telle approche permettrait d’examiner l’évolution de leur humeur et de mieux distinguer les effets éventuels de la compagnie animale de ceux liés aux conditions de vie.
Le travail publié dans PLOS One le 30 septembre 2026 ouvre donc une piste de recherche, sans établir que la possession d’un chat améliore ou détériore la santé mentale. Pour les propriétaires, les mesures concrètes concernent avant tout la prévention de la toxoplasmose, particulièrement lorsque le foyer comprend une personne vulnérable.

