À Saint-Omer, la formatrice en secourisme canin et félin Stéphanie Loridant a rappelé les gestes à connaître quand un chat s’étouffe, un accident qu’elle décrit comme plus fréquent qu’on ne l’imagine. Le point clé, avant d’agir, consiste à distinguer une obstruction partielle d’une obstruction totale. Dans ce second cas, elle insiste sur l’urgence vitale et sur des gestes précis, à adapter à la taille de l’animal.
Quand un chat s’étouffe, tout se joue en quelques instants. La première décision à prendre n’est pas un geste technique, mais un diagnostic simple à partir des signes visibles: l’air passe-t-il encore, ou pas du tout? De cette réponse dépend la conduite à tenir, explique Stéphanie Loridant, formatrice, qui a animé une session à la caserne des sapeurs-pompiers de Saint-Omer.
Reconnaître une obstruction totale, celle qui ne laisse pas de marge
Stéphanie Loridant décrit l’obstruction totale comme la situation où l’air ne passe plus. L’animal tente de respirer, s’agite, essaie de vomir sans y parvenir, la gueule ouverte, le cou tendu et la tête projetée vers l’avant; il peut aussi se donner des coups de pattes sur la tête. Dans ce scénario, elle prévient d’un risque de décès à court terme si rien n’est fait rapidement, et résume l’enjeu en une phrase: « Même si votre vétérinaire est à trois minutes de chez vous, vous n’avez pas le temps. »
Ce que la formatrice conseille de faire quand l’air ne passe plus
En cas d’obstruction totale, elle indique qu’il faut éviter de mettre les doigts dans la bouche d’un animal conscient, et ne retirer un objet que s’il est immédiatement visible et accessible, sans chercher à aller le récupérer au fond de la gueule. Cette vérification, précise-t-elle, n’est pas adaptée aux chats (ni aux chiens moyens et petits): la mâchoire étant trop petite, le risque est d’enfoncer davantage l’objet et d’aggraver l’étouffement.
Elle recommande ensuite d’administrer une à cinq claques dans le dos, en cherchant à faire vibrer la cage thoracique pour favoriser l’expulsion. La manipulation est pensée avec la tête de l’animal orientée vers le bas.
Si l’étouffement persiste, elle décrit une à cinq compressions: abdominales pour les chiens moyens et grands (manœuvre de Heimlich), et thoraciques pour les petits chiens et les chats. Si l’objet ne se déloge toujours pas, elle conseille d’alterner claques dans le dos et compressions. Si l’animal perd connaissance, elle indique qu’il faut passer au massage cardiaque.

Quand l’air passe encore, la conduite change complètement
L’obstruction partielle correspond, dans son explication, à une situation où l’air circule encore en partie. Le signe principal devient alors des quintes de toux. Elle souligne que ce tableau est moins alarmant et qu’il ne faut pas tenter de manœuvres de désobstruction si la toux est efficace: il faut laisser l’animal tousser.
La vigilance reste nécessaire: elle recommande de surveiller l’évolution, avec des crises de toux qui doivent s’espacer jusqu’à disparaître. Si ce n’est pas le cas, elle conseille de demander un avis médical.

