À retenir
- Les savannahs sont des chats hybrides issus du croisement entre une chatte domestique et un serval, fauve africain.
- Un savannah F1 se vend entre 15 000 et 25 000 dollars canadiens, tandis que les générations F4 à F8 coûtent 2 000 à 3 000 dollars.
- Les savannahs F1 conservent un instinct sauvage prononcé et sont imprévisibles, notamment dans leur comportement de chasse.
- La socialisation et l'éducation précoce par des éleveurs responsables sont essentielles pour la cohabitation harmonieuse avec ces animaux.
- Les propriétaires doivent disposer de temps important et ne pas partir en vacances, car les savannahs F1 ne peuvent être laissés libres.
Les savannahs, ces chats nés du croisement entre une chatte domestique et un serval africain, font rêver les réseaux sociaux. Mais derrière la silhouette de guépard miniature se cachent un instinct sauvage imprévisible et un coût vertigineux: jusqu’à 25 000 dollars canadiens pour les premières générations. Face à la multiplication des abandons, plusieurs pays commencent à réglementer l’accès à ces félins hybrides.
Nathalie Babin et Stéphane Savaria élèvent des savannahs dans leurs installations. Paco, leur serval – le père génétique de leurs hybrides – provient du Kenya. Dans son environnement naturel, ce félin africain aux pattes démesurées atteint des vitesses proches de 80 kilomètres à l’heure. En captivité, il miaule doucement, le regard doux mais perçant, quand on approche un micro.
Quand les gènes sauvages restent dominants
Un savannah F1 – premier croisement entre un serval et un chat domestique – ne ressemble à un minou ordinaire que de loin. L’instinct de chasse domine: si l’animal aperçoit quelque chose qui bouge, qu’il s’agisse d’un enfant, d’un oiseau ou d’un chien, il se lance à sa poursuite. Ses comportements restent imprévisibles et exigeants. Stéphane Savaria le formule sans détour: « C’est vraiment un autre monde. » Ces animaux ont besoin d’espaces vastes, de jeux nombreux et d’une attention constante – les vacances deviennent impossibles.
Au fur et à mesure que les générations s’éloignent du serval, le caractère s’adoucit. Les savannahs F2, F3 et au-delà se rapprochent progressivement du tempérament félin domestique. Le prix chute aussi: un F1 se vend entre 15 000 et 25 000 dollars canadiens, tandis que les générations F4 à F8 – les plus répandues – oscillent entre 2 000 et 3 000 dollars.
L’envers du décor médiatisé
Sur TikTok, le hashtag #savannahcat dépasse le milliard de vues. Les acheteurs succombent à l’image: ces silhouettes de guépards miniatures, leurs bonds spectaculaires, leurs coups de griffe. Nathalie Babin entend la même phrase sans cesse: « C’est mon chat de rêve! »
Ce qu’on ne montre pas en ligne, c’est l’envers: les portes arrachées, les cadrages de fenêtres détruit, les morsures qui frôlent l’amputation. Joël Rioux, ancien éleveur reconverti en gestionnaire d’un refuge pour félins hybrides abandonnés, connaît bien cette réalité cachée. Depuis quelques années, il reçoit entre un et quatre appels mensuels pour accueillir des savannahs indésirables. La semaine avant son témoignage à la source, il en a recueilli 21 d’un coup.

L’explosion des abandons après la COVID
Une femelle savannah F1 s’est déjà présentée au refuge après avoir changé huit fois de famille. Joël Rioux attribue ce phénomène à une vague d’éleveurs amateurs apparus après 2020: « Des gens ont vu l’argent, se sont improvisés éleveurs. Ça s’est propagé comme une traînée de poudre… Tout le monde voulait un savannah, mais sans avoir les informations. »
Les abandons ne se limitent pas aux propriétaires découragés: certains éleveurs eux-mêmes jettent l’éponge quand l’animal devient trop difficile à gérer. Placide – le savannah Pablo du refuge – avait passé deux ans dans une famille en proie à sa jalousie envers les autres animaux, avant le renvoi. Il ne reviendra probablement jamais en maison particulière.
Des réglementations fragmentées
L’Australie interdit purement et simplement l’importation de savannahs. La France soumet les quatre premières générations d’hybrides à un régime très strict. Dans l’État de New York, les générations initiales sont bannies comme animaux de compagnie.
Au Canada, la mosaïque réglementaire rend les règles floues. Un savannah change de statut légal en traversant une frontière provinciale, voire municipale. La Colombie-Britannique a resserré l’accès depuis mai: l’élevage et la vente de félins exotiques y sont interdits, et les quatre premières générations de chats hybrides – hormis les savannahs – sont classées espèces exotiques envahissantes.
Au Québec, aucune restriction comparable ne s’applique, bien que le ministère de l’Environnement et de la Faune enregistre une hausse des signalements et interventions liés à ces animaux.
Questions fréquentes
- Qu' est-ce qu' un savannah et comment est-il créé?
- Un savannah est un chat hybride dont la mère est une chatte domestique et le père est un serval, un fauve africain aux longues pattes. La première génération issue de cet accouplement donne des savannahs F1.
- Quel est le prix d' un savannah F1?
- Un savannah F1 se vend couramment entre 15 000 et 25 000 dollars canadiens chez les éleveurs.
- Comment le comportement du savannah change-t-il selon les générations?
- Plus on descend dans les générations, plus leur comportement se rapproche de celui du chat domestique. Les savannahs F1 sont les plus grands et ceux avec lesquels il est le plus difficile de cohabiter parce que leur instinct sauvage est encore extrêmement présent.
- Quels sont les principaux défis liés à la possession d' un savannah F1?
- Le savannah F1 est imprévisible et a toujours l’instinct de chasse. S’il voit quelque chose courir, il va partir courir après, que ce soit un enfant, un chien, un oiseau ou une personne. On ne peut pas le laisser libre à la maison.
- Combien coûtent les générations F4 à F8 de savannahs?
- De F4 à F8, les générations les plus répandues, les prix varient entre 2000 et 3000 dollars.

