À retenir
- Un décret applicable depuis le 2 août 2026 instaure des amendes pour les animaleries vendant chiens et chats.
- Les contrevenants risquent une amende de 1 500 € par animal, doublée à 3 000 € en cas de récidive.
- L' interdiction de vente de chiens et chats en animalerie existe depuis janvier 2024 mais manquait de sanctions.
- Le décret vise à freiner les achats impulsifs d' animaux de compagnie et améliorer le bien-être animal.
Un décret entré en vigueur le 2 août 2026 instaure des amendes pour les animaleries vendant des chiens et des chats en direct. Ces sanctions s’ajoutent à l’interdiction de vente en place depuis janvier 2024, visant à freiner les achats impulsifs d’animaux de compagnie et à garantir un meilleur bien-être animal.
Depuis plus de deux ans, les animaleries ne peuvent plus commercialiser légalement des chiens et des chats. Mais sans sanctions précises, la loi manquait de dents. C’est chose faite: le décret du 1er août 2026 crée enfin un cadre d’amende pour forcer le respect de cette interdiction.
Ce que change le décret pour les animaleries
Jusqu’à présent, l’interdiction de vendre des chiens et des chats en animalerie existait en théorie, mais aucune pénalité n’était définie pour l’enfreindre. Le décret publié le 1er août 2026 et applicable à compter du 2 août 2026 corrige cette lacune en fixant deux niveaux de contravention distincts.
Pour la vente directe de chiens ou de chats dans un établissement animalier, les contrevenants s’exposent désormais à une contravention de cinquième classe pouvant atteindre 1 500 € par animal vendu. En cas de récidive, cette amende double, atteignant 3 000 € par animal. Un dispositif graduée qui pénalise davantage les animaleries récidivistes.
Le texte crée également une sanction pour la présentation visible d’animaux depuis l’espace public. Quand des animaux de toute espèce sont exposés de manière à être visibles depuis une voie ouverte à la circulation publique – fenêtres, devantures – une contravention de quatrième classe s’élève à 750 € par animal. Cette mesure cible l’étalage qu’utilise comme levier psychologique l’achat impulsif: en clair, interdire qu’un enfant aperçoive des chiots à la vitrine pour réclamer aussitôt à ses parents.
L’interdiction de vente: trois ans d’application sans sanction
Le fondement légal de cette interdiction remonte à la loi du 30 novembre 2021. Dès le 1er décembre 2021, il était interdit de présenter des animaux visibles depuis l’espace public en animalerie. Plus tard, à partir du 1er janvier 2024, la vente elle-même de chiens et de chats devint prohibée dans ces établissements.
Ces deux mesures poursuivent un objectif de bien-être animal: combattre le phénomène de l’« achat coup de cœur ». L’achat décidé sur le coup, sans réflexion préalable, augmente le risque qu’un acquéreur ne soit pas préparé aux responsabilités que représente un animal de compagnie. Conséquence: impossibilité à pourvoir aux besoins réels du chien ou du chat une fois ramené à la maison, souvent suivi d’abandon ou de maltraitance.
Pendant près de trois ans, ces interdictions se sont heurtées à l’absence de sanction dissuasive. Le décret du 1er août 2026 comble cette faille: il donne aux autorités chargées du contrôle les outils pour verbaliser réellement les contrevenants.

Achat réfléchi: le cœur de la stratégie
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large du ministère de l’Agriculture pour améliorer le bien-être des animaux de compagnie. La ministre Annie Genevard a justifié cette action en rappelant qu’« l’adoption d’un animal ne doit pas être décidée à la légère » et s’est engagée à concrétiser des sanctions précises – ce que le décret réalise.
En contraignant les animaleries à fermer cette porte de vente, la loi pousse les acquéreurs à emprunter d’autres canaux: éleveurs directs, associations de protection, refuges. Ces circuits supposent une démarche plus réfléchie et souvent incluent des questions de l’éleveur ou de l’association sur les conditions de vie future du chien ou du chat. Résultat attendu: un meilleur appariement entre l’animal et sa nouvelle famille, et donc des conditions de vie plus adaptées.
Comment s’appliquent les sanctions
Les amendes sont applicables à compter du 2 août 2026, soit dès le lendemain de la publication du décret. Aucune période de transition n’est prévue: les animaleries doivent immédiatement cesser toute vente ou exposition visible de chiens et de chats, sinon elles risquent une verbalisation.
Le mécanisme de récidive s’applique à la vente directe: qui perd deux chiens en animalerie fait face à 1 500 € à chaque fois, plus 3 000 € si cela se reproduit. La présentation visible, elle, reste soumise à 750 € par animal, indépendamment de la récidive – du moins selon le texte du décret.
Enjeu réel: freiner l’abandon
Au-delà de la sanction financière, le vrai enjeu de ce dispositif est de réduire les adoptions mal préparées. Un chien ou un chat acquis impulsivement, sans que le propriétaire ne soit prêt financièrement ou psychologiquement à assurer son bien-être pendant 10 à 15 ans, finit souvent abandonné dans des refuges débordés.
En fermant l’accès animalerie et en supprimant la visibilité depuis la rue, la loi transforme l’acte d’acquisition en démarche volontaire: qui veut un chien ou un chat doit activement chercher un éleveur ou une association. C’est un détail qui peut sembler administratif, mais c’est précisément le filtre psychologique que la loi vise à mettre en place.
Questions fréquentes
- Depuis quand les animaleries ne peuvent-elles plus vendre de chiens et de chats en France?
- L’interdiction de vente de chiens et chats en animalerie est en place depuis janvier 2024. Cependant, elle n’était pas accompagnée de sanctions précises jusqu’à l’entrée en vigueur du décret le 2 août 2026.
- Quel est le montant des amendes pour les animaleries contrevenantes?
- Les animaleries s’exposent à une amende de 1 500 € par animal vendu en première infraction, et de 3 000 € par animal en cas de récidive.
- Pourquoi cette loi a-t-elle été créée?
- L’objectif est de freiner les achats impulsifs d’animaux de compagnie et de garantir un meilleur bien-être animal en limitant leur commercialisation en animalerie.
- Cette interdiction concerne-t-elle tous les types d' animaux vendus en animalerie?
- Non, l’interdiction et les amendes s’appliquent spécifiquement à la vente de chiens et de chats. Les autres animaux de compagnie restent commercialisables en animalerie.

